Louis DUBRAU

Née à Bruxelles en 1904, Louise SCHEIDT y passa le plus clair de son existence. On peut dès lors se poser la question du pourquoi de ses liens avec Maubray qui, il faut bien le dire, étaient très forts.

Tout d’abord, de qui s’agit-il ? D’une romancière, une nouvelliste, une poétesse, une essayiste à ses heures et une moraliste dans l’âme. Cette femme de lettre choisit un pseudonyme masculin en raison des préjugés à l’égard des femmes écrivains qui régnaient au moment où elle entra en écriture ; ce faisant, elle voulait tout simplement être plus prise au sérieux par la critique, qu’elle estimait misogyne.

Elle avait à peine deux ans lorsqu’elle perdit son père. Sa mère comptait des amis à Maubray : la famille Paul DELLETTRE Sr, au Marais de Morlies. Louise avait 14 ans quand elle la découvrit et, par la suite, elle vint régulièrement y passer des vacances au point de s’attacher, non seulement à ses hôtes, mais au village lui-même pour « son caractère particulier et son environnement demeuré strictement champêtre ». Maubray devint pour elle une sorte d’ailleurs dont, ultérieurement, ses œuvres allaient porter témoignage.

C’est déjà à Maubray qu’elle faisait allusion dans un de ses premiers recueils de contes, non pas au village tel qu’il était devenu mais celui qui demeurait dans son souvenir.

C’est Maubray aussi qui apparaît en toile de fond dans son roman « A la poursuite de Sandra » (publié chez Albin Michel en 1963) qui lui permit d’accéder à la notoriété, en ce sens qu’elle fut couronnée pour cette œuvre par le prix ROSSEL 1963, le GONCOURT belge en quelque sorte. (Note du rédacteur : quelle ne fut pas ma stupéfaction d’y découvrir, page 68, une référence à mon père, le facteur des postes de son roman portant le nom de « piston », qui était précisément le sobriquet de mon facteur de père).

« On pourrait certainement trouver dans mes œuvres d’autres preuves de mon attachement à la région ; les voyageurs impénitents dont je suis aiment à chausser de temps en temps de vieilles empreintes », disait-elle.

La clarté de ses écritures et son style élégant lui valurent d’être élue à l’Académie française de Belgique en 1973 . Déjà, en 1939, elle avait reçu le prix Verhaeren pour des poèmes publiés à Paris.

Femme engagée, elle prit fait et cause dans le combat féministe, comme elle le fit dans les rangs de la résistance. Les événements de sa petite enfance – le suicide de son père ; le remariage raté de sa mère – et par la suite son propre mariage peu harmonieux ont profondément touché la romancière, et son œuvre a été marquée par une philosophie amère de l’existence. L’impossible bonheur et la mésentente du couple sont les thèmes romanesques récurrents sous sa plume.

Infatigable voyageuse, elle se montra attentive à la détresse qu’elle constatait lorsqu’elle parcourait le monde.

Romancière à l’œuvre littéraire féconde, diverse et riche, elle fut l’une des femmes écrivains essentielles dans les lettres belges du siècle dernier, qu’elle traversa de bout en bout puisqu’elle mourut en 1997, à l’âge de 92 ans. Elle avait souhaité qu’à son décès son corps fut inhumé au Mont- Saint-Aubert, dans le petit cimetière paysan appuyé à un des flancs de la vieille église. C’est en effet dans ce qui se dénomme le « jardin des poètes » qu’elle repose auprès de deux autres académiciens, Roger Bodart et Géo Libbrecht.

A l’initiative de Paul DELLETTRE Jr, qui avait bien connu LOULOU (comme l’appelaient les intimes), puisque c’est chez ses parents qu’elle séjournait jadis pendant ses vacances, la romancière occupa la tribune du MONTBRETIA à deux reprises ; elle vint conter ses aventures en terres étrangères :

 

En 1974 : « Chypre, j’y étais ce jour-là »

de gauche à droite :Louis DUBRAU, le président Robert LEROUX et Paul DELLETTRE.

En 1980 : « A la découverte de Haïti »

Louis DUBRAU et Paul DELLETTRE