Religieuses franciscaines
Religieuses franciscaines à Maubray : 111 ans de présence
Auteur : Omer HELLIN
1. C’est en 1876 que les Sœurs franciscaines (de la confrérie de Manage) débarquèrent à Maubray – en remplacement de la communauté des Sœurs noires – en vue d’y dispenser l’enseignement et l’éducation fondamentale. Il faut savoir qu’en 1850, l’instruction primaire, qui n’était pas obligatoire à l’époque, était prodiguée dans une annexe de la sucrerie établie au Marais de Maubray. Le bâtiment, loué par l’instituteur, se révéla rapidement trop exigu. Le conseil communal décida alors, en 1854, la vente d’une parcelle de 13,5 ares au curé BUSSY, sur laquelle vint s’ériger rapidement le couvent, suivi en 1857 par l’érection d’une salle attenante de 80 m2. Quand la loi de 1870 rendit l’instruction obligatoire, l’école des Sœurs devint « communale ». Elle le resta jusqu’en 1952, année au cours de laquelle elle se mua en « Ecole libre subventionnée mixte », sous l’appellation de « N-D de Fatima », toujours sous l’autorité des religieuses, aidées progressivement par des institutrices issues de la société civile, la direction en étant assurée par l’abbé DEPAUW. De son côté, la nouvelle école « communale » (officielle) opta pour la séparation garçons-filles. Son existence fut éphémère car, faute d’élèves, les dernières classes disparurent en 1964-65. A cette date, ne restait donc plus à Maubray que l’école dite « des Sœurs », ce qui est toujours le cas aujourd’hui même si les Soeurs n’y sont plus.
2. Parmi les religieuses qui ont séjourné au couvent depuis leur arrivée en 1876, il en est une qui, par sa personnalité hors norme, très autoritaire, a marqué grandement le village : Sœur ALPHONSINE. Grâce à son dévouement, la guerre 1914-18 l’avait rendue on ne peut plus populaire. Institutrice en chef d’une école communale dans les bâtiments de la paroisse, elle n’épousait pas toujours les vues des curés qui se sont succédé, ce qui engendrait parfois des tensions entre eux, certains curés ne faisant pas toujours le poids devant le chef d’école ! On disait à l’époque que « c’était Sœur Alphonsine qui conduisait la paroisse avec le curé » ! Son « règne » fut très long puisque l’âge de la retraite ne sonna pour elle qu’en 1952.
3. Le dimanche 27 avril 1976, le village était dans la joie; on y fêtait à la fois le 125e anniversaire de l’école et le centième de la présence des religieuses franciscaines. A cette occasion, à l’issue d’un office solennel, célébré par Monseigneur THOMAS, un cortège emmené par la fanfare « L’UNION », gagna le PAT’s (= Foyer de l’Amitié) où se déroula la partie académique, en présence de nombreuses personnalités; elle était présidée par Emile DELLETTRE, inspecteur principal honoraire et ancien de l’école :
Parallèlement à sa tâche d’enseignante, qu’elle exerça avec un grand enthousiasme et compétence, elle déploya aussi une activité débordante en tant que :
- Directrice du « patro » : son départ fut vivement ressenti par les quelque trente filles qui fréquentaient assidûment les après-midi récréatifs, les fêtes locales et les camps de vacances;
- Cheville ouvrière de la « chorale paroissiale » : dès sa fondation, elle en fut l’animatrice dévouée et qualifiée. Malgré l’intervention du bourgmestre, qui relayait la demande de nombreux Maubraisiens en vue d’obtenir le maintien de la religieuse dans la localité, la demande ne reçut pas auprès de la maison-mère de Manage l’aval souhaité. Une manifestation de sympathie eut lieu au PAT’s à l’occasion de son départ au cours de laquelle chaque groupement avait tenu à apporter son merci.
5. En 1980, Sœur RAYMONDE, supérieure de l’école et titulaire des classes terminales primaires, fut fêtée pour un quart de siècle de présence dans l’établissement. La salle du PAT’s était comble pour lui rendre hommage. L’abbé Depauw rappela le nombre d’enfants que la religieuse avait formés et dont beaucoup, par leur présence, voulurent exprimer leur gratitude à leur institutrice :
6. En 1986, douze ans après son arrivée à Maubray et après avoir enseigné pendant toute sa carrière à Silly (depuis 1935), Sœur LYDIE, en obéissance à ses supérieures, fut envoyée à Saint-Servais, près de Namur, où elle s’occupa de l’accueil au sein de l’institution scolaire. A Maubray, elle vaquait aux tâches ménagères et aimait visiter les malades; bonté et humilité constituaient les traits majeurs de son caractère. Au moment de son départ, une séance de remerciement fut organisée au PAT’s. La photo ci-après présente Sœur Lydie (arborant les fleurs sur les genoux) entourée de l’abbé Depauw, des deux sœurs de celui-ci (Melle Maria et Mme D’Haese), ainsi que d’une des représentante des religieuses de Manage. En souvenir et en signe de reconnaissance, elle emporta une peinture reproduisant la chapelle N-D de Fatima :
7. En 1987, le village fut surpris par la soudaineté et le caractère imprévisible de l’annonce du départ des deux dernières religieuses : Sœurs RAYMONDE et GEORGINE. Le dimanche 13 septembre 1987, à l’issue de l’office religieux s’est tenue une cérémonie d’hommage et de reconnaissance au PAT’s, organisée sous la houlette de Robert Verdonck :
8. Ainsi, durant 111 ans (de 1876 à 1987), les Sœurs franciscaines de Manage partagèrent la vie quotidienne des Maubraisiens.